Cholet. La question migratoire sous l’œil des lycéens

Les élèves ont débuté leur tournage au Conservatoire de Cholet, avant d'aller dans le centre puis dans une épicerie portugaise.
Les élèves ont débuté leur tournage au Conservatoire de Cholet, avant d’aller dans le centre puis dans une épicerie portugaise. | Ouest-France

Des lycéens de Renaudeau ont démarré le tournage d’un court-métrage qui s’inscrit dans un pro- jet européen d’envergure. Ils créent en parallèle avec des Italiens, des Bulgares, des Allemands.

Coupé. On recommence. Pas facile de s’improviser réalisateur, cadreur ou perchman quand on n’a que 16 ou 17 ans… et qu’on est lycéen ! Toute la journée du vendredi 23 mars, quinze élèves en classe de première au lycée Renaudeau se sont appliqués à tourner un court-métrage, sous la houlette de Viviane Chaudon, pour Kaani Films, une association des Mauges intervenant dans le champ du cinéma et de l’audiovisuel.

Devant l’œil de la caméra, Samara, 16 ans, se prénomme Gabriela. Elle joue le rôle d’une jeune Portugaise qui vient de quitter son pays pour passer un bac avec option danse, en France. Elle éprouve des difficultés à son arrivée, notamment pour s’intégrer au lycée, mais réussit à s’épanouir grâce à sa passion.

Projet initié en Italie

Elle trouvera finalement sa place en conciliant son identité portugaise et sa nouvelle vie dans l’Hexagone.

L’histoire fait écho à l’adolescente, la vraie. « Je suis Brésilienne et mes parents ont fui le pays quand j’avais six ans et demi, raconte Samara. Je me suis retrouvée dans le parcours de l’héroïne, ça m’a rappelé certaines étapes de ma vie. Il y a des émigrations négatives, mais aussi des positives. Et on doit parler de ces jolies facettes. » C’est la vision des lycéens choletais.

Erasmus +

Car ce film entre dans le cadre d’un projet du programme européen Erasmus + à plusieurs voix, autour du thème « migrants et migrations ». Financé par la commission européenne à hauteur de 100 000 €, avec l’aide logistique des établissements scolaires, ce projet de trois années a pris source du côté de L’Aquila. Ville martyre du centre de l’Italie, dans les Abruzzes, au nord-est de Rome, victime d’un très violent séisme en 2009…

L’établissement italien a pris contact avec des lycées allemand, bulgare et donc, Renaudeau. But de l’opération ? Avoir une vision européenne de cette question brûlante des migrants : des lycéens de L’Aquila s’étaient rendu compte que de nombreux ouvriers qui reconstruisaient leurs villes venaient d’autres pays.

Les élèves de Renaudeau avaient reçu, en avril 2017, leurs homologues bulgares, allemands et italiens, qui réalisent eux aussi un film sous forme de fiction ou de documentaire. Les sujets choisis : l’immigration importante en Italie, l’émigration en Bulgarie vers une vie meilleure, l’intégration des nombreux Turcs en Allemagne.

« Projet fastidieux et passionnant »

À l’arrivée, l’app vous indique sur quel tapis sera livré votre bagage en soute. Trop facile !

Après des journées d’échange en France et en Bulgarie, cinq des quinze élèves sélectionnés se rendront à Berlin, en mai, pour présenter leur film, créé de toutes pièces, du scénario au montage, en passant par le tournage.

« En 2019, cinq autres élèves partiront en Italie pour la conclusion de ce projet fastidieux et passionnant de trois ans, note Giuseppina Santangelo, professeure d’italien au lycée Renaudeau, instigatrice du projet à Cholet avec Aurélie Dugué, enseignante en histoire. Il permet aux élèves d’étudier l’anglais, la seule langue commune du projet, de manière approfondie, et de voir les réalités d’une question vraiment d’actualité, des histoires de migrants et d’intégration différentes ici et là. » De quoi sortir retourné et enrichi.

 

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/cholet-la-question-migratoire-sous-l-oeil-des-lyceens-5649571

Publicités

Pauvres de nous – avant-première

Le 26 mars au Gaumont Claire Lajeunie et son équipe nous ont présenté en avant première leur documentaire « Pauvres de nous ». Une réalisation de 70 mn qui révèle avec beaucoup de bienveillance et de respect la précarité de nos concitoyens privés de ressources.

En 2018, on estime qu’un Français sur 7 vit sous le seuil de pauvreté. Cela signifie se débrouiller avec moins de 1015 euros par mois. Matéo, 12 ans, raconte comment les colis alimentaires font partie de son quotidien. Sébastien, surdiplômé de 32 ans, a financé lui-même ses études. Sans-emploi, il vit avec moins de 7 euros par jour. Comme plus de 2 millions de Français, Erwan fait partie des travailleurs pauvres. Kiosquier à Paris, il frôle la précarité bien qu’il travaille plus de dix heures par jour. Isabelle, 54 ans, survit grâce au RSA. Marianne touche mensuellement 672 euros à 63 ans. Elle a pourtant travaillé plus de 35 ans. Ces personnes en marge témoignent, avec pudeur, entre révolte et résignation.